Enseignement

    Quand j’ai commencé à chanter, ma voix était littéralement prisonnière de mes blocages. On m’entendait à peine à quelques mètres. Je me souviens de mes premiers spectacles à la Chant’août! Fallait tendre l’oreille! J’avais étudié le chant à l’École de Musique, qui était l’équivalent du Cegep en musique aujourd’hui, mais ce n’est que plus tard, quand j’ai rencontré Louis Spritzer, que j’ai vraiment entrepris un travail sur ma voix.
    M. Spritzer enseignait à l’époque à l’École Nationale de Théâtre et au Conservation d’Art Dramatique de Montréal. Il donnait des cliniques à Stratford et en Allemagne, et avait aussi enseigné la guitare à la Faculté de Musique de McGill. Ses cours de chant étaient très particuliers. Sa formation prenait ses sources dans la bioénergie. Or, la bioénergie étant fondée sur la gestion de l’énergie, le travail se faisait donc plutôt au niveau de la libération des tensions.

     

    On ne chantait pas beaucoup dans ses cours. Ce n’était pas exactement l’endroit pour pratiquer des chansons! Mais la libération de l’énergie permet de faire vibrer le son de la voix dans l’ossature. Et non seulement cette approche favorise-t-elle l’accès à toutes les fréquences d’une voix, mais elle nous rapproche d’avantage des vraies émotions et, en conséquence, d’une liberté d’expression accrue et personnalisée.

     

    Les mots sont bien limités pour exprimer la richesse de son enseignement. Disons que, après avoir traversé toutes les difficultés qu’il est possible de rencontrer dans cette discipline, je suis en mesure de comprendre et aider les autres. C’est ce qui me plaît dans l’enseignement. Et je le dois en grande partie à Louis Spritzer, qui m’a aidée non seulement à devenir une meilleure chanteuse mais aussi, par son exemple et sa rigueur, à devenir une meilleure professeure.